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Spécialités terminale : laquelle abandonner ?

Une étape importante d’orientation se passe en premiere pour les lycéens de la voie générale : le choix des spécilaités terminale. Car s’ils ont 3 spécialités en première ; en Terminale ils ne peuvent en conserver que deux. Parfois le choix de la spécialité à abandonner est facile à faire.  Mais il peut être aussi compliqué. Dans tous les cas, il est essentiel de bien comprendre les enjeux des spécialités en Terminale pour prendre la meilleure décision. Et comme tout ce système de spécialités et d’options est assez obscur ; dans cet article j’essaye de vous apporter des clés pour bien choisir.

SPECIALITES TERMINALE: UN EQUILIBRE A TROUVER ENTRE 4 ENJEUX

Petit rappel ultra rapide, les spécialités c’est la grande nouveauté de la réforme du lycée (et du bac) décidée en 2018, et appliquée à partir de 2019.

En fin de seconde un lycéen ne choisit plus un bac S, L, eco… Mais des spécialités. Il faut choisir 3 spécialités parmi 12 pour la classe de première générale.

En fin de première, parmi ces 3 spécialités, il faut en conserver 2 pour la classe de terminale.

Autrement dit, il faut choisir quelle spécialité abandonner parmi les trois. Et attention à ne pas confondre options et spécialités (mais ce n’est pas l’objet de ce texte).

1/ Les spécialités en Terminale  = presque la moitié des heures de cours

Chacun des enseignements de spécialité conservé en terminale va représenter 6h de cours par semaine. Soit 12 heures au total pour les 2 spécialités.

Le tronc commun : philosophie, histoire géographie, enseigne
ment scientifique, les 2 langues vivantes, et le sport, représente lui 15 heures de cours par semaine.

Si votre enfant ne fait pas d’options, ses enseignements de spécialités en terminale vont peser pour 12 heures sur 27 heures de cours au total, soit 44% de son temps de cours.

Ainsi en terminale près de la moitié du temps passé en cours par votre enfant va l’être dans les spécialités qu’il ou elle conserve.

Un des enjeux du choix de spécialité pour la terminale c’est donc l’intérêt et le plaisir qu’à votre enfant à travailler cette matière.

2/ Les spécialités en Terminale = presque la moitié  de la note du bac, en épreuves finales

12 disciplines comptent pour la note du bac avec un total de coefficients de 100.

Ces disciplines peuvent être évaluées de deux façons pour la note du bac :

  • Soit en contrôle continu : ce sont les notes obtenues pendant les années de premiere et/ou de terminale qui sont prises en compte
  • Soit en épreuve finale  : un examen final est passé par les lycéens en Terminale ou en Première

Les deux spécialités conservées en terminale sont évaluées en épreuve finale, au mois de mars de l’année de Terminale.

Chacun de ces deux enseignements de spécialité a un coefficient de 16 pour la note du bac ; soit au total un poids de 32.

Mais en plus, le grand oral du bac doit porter nécessairement sur l’une des deux spécialités de terminale. Et ce grand oral a lui un coefficient de 10 (en voie générale).

Ainsi  les deux spécialités de terminale pèsent pour 42% de la note du bac ; et c’est là le 2e enjeu des spécialités de terminale.

3/ Les spécialités de terminale sont essentielles pour Parcoursup

Parmi les choses qui m’amusent ou m’agacent : les lycées qui communiquent encore uniquement sur leurs résultats au baccalauréat.

A la session de 2023, le taux de réussite au bac est de 90,9% , et même de 96% en voie générale.  Le taux de mention atteint lui 57% au global, et plus de 67% en voie générale.

Autant dire que cela devient assez facile pour un lycée d’afficher des tres bons resultats au bac.

C’est cependant masquer que le principal enjeu du lycée aujourd’hui c’est bien l’affectation post bac, et donc Parcoursup.

Et là encore les  spécialités de terminale ont une importance clé :

  • La plupart des formations post bac vont exiger d’avoir suivi telle ou telle spécialité en terminale
  • Et les résultats obtenus dans ces spécialités servent généralement à classer les candidatures.

Avec la décision prise à la rentrée de septembre 2023 de deplacer les epreuves finales de spécialités en juin; c’est maintenant seulement le contrôle continu qui va compter pour l’admission Parcoursup.

4/ Les spécialités de terminale sont aussi clé pour réussir dans ses études postbac

Un des pièges au lycée : se préoccuper uniquement  de Parcoursup et oublier qu’une fois l’obstacle Parcoursup franchi, il reste à réussir dans ses études supérieures.

Et ce qu’on apprend dans les enseignements de spécialité en terminale peut aider à être plus ou moins à l’aise dans son cursus postbac.

Je m’explique avec l’exemple des études de médecine

  • Pour accéder aux études de médecine post bacil faut avoir fait 1 des trois spécialités suivantes en terminale : mathématiques, physique, SVT
  • Pour réussir sa première année de médecine, il vaut mieux avoir fait 2 de ces spécialités plutôt qu’une seule.

Bref, il peut y avoir une relative incohérence entre les spécialités qui comptent pour être admis dans une formation, et celles qui permettent d’y réussir. C’est le dernier enjeu pour le choix des spécialités à conserver en terminale.

Au final, choisir quelle spécialité abandonner en fin de première revient à trouver le meilleur équilibre entre :

  • L’intérêt pour une matière
  • L’espérance de bien réussir dans cette matière en terminale en contrôle continu et aux épreuves finales
  • La pertinence de cette matière pour ses études postbac : comme critère de sélection Parcoursup, et comme utile pour les études elles-mêmes

SPECIALITES TERMINALE :  2 SITUATIONS QUI COMPLIQUENT LE CHOIX

Une fois résumé comme je l’ai écrit ci-dessus, le choix de spécialité à abandonner en terminale peut sembler facile à faire. Il suffit de regarder les 3 spécialités de première et d’éliminer celle qui :

  • Plait le moins à votre enfant
  • Où ses résultats sont les moins bons
  • Et qui n’est pas indispensable pour son projet d’orientation.

Écrit comme cela, on voit tout de suite un des premiers écueils : pour savoir si une spécialité est indispensable ou pas pour un projet d’orientation ; et bien il faut que ce projet d’orientation soit défini.

Et c’est loin d’être le cas pour tous les élèves de première. Je me souviens que pour ma première fille, jusqu’à assez tard en première, elle hésitait entre diplomate, architecte et ingénieur…
Ce qui nous a « sauvé », elle a abandonné diplomate, donc nous sommes restés sur un cursus scientifique.

Bref, la première situation qui complique la tâche c’est quand vous avez un enfant en première dont le projet d’orientation est encore très vaste pour ne pas dire complètement indéterminé.

Quelle spécialité abandonner en terminale quand son enfant ne sait pas ce qu’il ou elle veut faire comme études postbac ?

Quand le projet d’orientation n’est pas défini, la spécialité à abandonner en Terminale, est généralement celle qui ferme le moins de portes pour le postbac.

Et pour se faire une idée, c’est là où aller explorer le catalogue de formations parcoursup est particulièrement utile. D’autant plus qu’il y a eu une mise à jour qui le rend encore plus simple à utiliser.

Mais surtout, il y a des spécialités à abandonner qui ne vous fermeront quasiment aucune porte pour les études postbacs : ce sont toutes les spécialités qui ne sont pas proposées dans tous les lycées.
Ca parait bête, mais ca se comprend très bien :

  • Il existe 12 spécialités
  • Aucun lycée à ma connaissance ne proposent les 12 spécialités
  • Le plus souvent ils proposent en gros la moitié des spécialités

Comme le choix du lycée n’est pas complètement « libre » (dans le public), cela créerait des discriminations importantes et contestables, si certaines formations étaient fermées aux futurs bacheliers ; simplement parce que cette spécialité n’est pas proposée dans leur établissement.

Je me permets donc ci-dessous de lister les spécialités « de niche » : celles qu’on peut abandonner sans se fermer de portes pour le postbac :

Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas conserver ces spécialités en Terminale. Ce sont juste des spécialités qui vont ouvrir moins de choix d’études postbac. Très bien pour ceux qui savent ce qu’ils veulent faire; moins bien pour ceux qui hésitent encore.

Le deuxième écueil : ce n’est pas parce que votre enfant réussit bien dans une spécialité en première ; qu’il y réussira aussi bien en terminale. 

2/ La performance de votre enfant dans une matière en terminale ne dépend pas que de lui ou elle.

Pour tout vous dire, j’ai hésité à écrire ce paragraphe : cela me désole tellement d’être un système éducatif qui met une si grosse pression sur la réussite scolaire.

Mais, un peu de pragmatisme et de sens des réalités ne nuit pas.

Le sujet ici est juste de prendre le temps de vérifier que les conditions d’enseignement des spécialités dans le lycée de votre enfant; avant de choisir définitivement.

Par exemple,  ne pas sous-estimer l’importance de l’enseignant dans la réussite des élèves.

Quelques cas rencontrés au fil des ces dernières années :

  • Les enseignants qui sont très bons ; mais aussi très exigeants : ceux dont les moyennes des notes sont significativement en dessous de leurs collègues. Comme le contrôle continu compte pour beaucoup, cela peut sérieusement pénaliser les élèves pour Parcoursup
  • Les enseignants où le problème inverse se rencontre : pas de problème avec le contrôle continu, mais des résultats décevants lors des épreuves finales.

Évidemment, vous ne pouvez pas choisir (et heureusement) les enseignants de vos enfants ; mais si vous hésitez entre deux spécialités, cela vaut la peine de vous renseigner sur ce que « donnent » ces spécialités dans l’établissement où est scolarisé votre enfant.

Bien sûr pour des spécialités très choisies par les élèves, il peut y avoir plusieurs classes en terminale ; et donc plusieurs enseignants. Ce n’est du coup pas un critère de choix dans ce cas là.

Mais je crois que dans tous les lycées, il existe des spécialités, où il n’y a qu’une seule classe ; donc un seul enseignant. Et c’est souvent le ou la même qui fera aussi l’année de Terminale l’année prochaine.
Par exemple, dans le lycée de mes filles, il y a 3 spécialités en terminale où il n’y a qu’un seul groupe :

  • Sciences Economiques et Sociales
  • Histoires Littératures et Philosophie
  • Sciences de la Vie et de la Terre.

C’est évidemment à manipuler avec précaution : les choses peuvent évoluer d’une année à l’autre. Et tous les élèves ne réagissent pas de la même façon. 

Dans les conditions d’enseignement vous avez également la taille des groupes d’élèves. Vous pouvez même avoir des aspects très pratiques : le matériel utilisé dans les spécialités où cela a de l’importance; les spécialités de niche dont je parlais plus haut.

Bref, une petite enquête à mener, généralement aupres des associations de parents d’élèves.